
Une page un peu plus technique pour les curieux qui souhaitent découvrir le matériel d’un photographe professionnel. Petit aperçu du matériel que j’emporte lorsque je vous accompagne, mais également ce que j’utilise pour nourrir ma pratique artistique.
On va souvent s’imaginer les photographes équipés de boîtiers à plusieurs milliers d’euros et d'objectifs encore plus chers. C’est une réalité… chez les professionnels et les amateurs les plus acharnés. Attention, on peut aussi rencontrer des artistes avec du matériel d’un autre temps qui ne leur a rien coûté et qui réalisent de superbes photos. Le matériel, c’est parfois un confort qui permet de se concentrer sur sa créativité en laissant les limites et la mécanique de côté, ce peut aussi être le charme d’un rendu, une qualité supérieure par basse lumière, la sécurité d’avoir deux emplacements de carte mémoire, etc… pour un professionnel sérieux (et parfois même pour l’amateur) qui ne peut pas toujours répéter un moment qui ne se produit qu’une fois, c’est une chance supplémentaire d’avoir une photo là où un matériel d’entrée de gamme échouerait.

Ma combinaison préférée : le Nikon Zf accompagné du 50mm f/1.2 S, polyvalence, qualité parfaite et séparation des sujets sublime… pour qui accepte d’avoir un appareil photo de près de 2 kg en comptant l’objectif.
En séance : j’adapte mon matériel aux lieux et aux caractères. À l’étroit ou pour des photos de groupe qui mettent en valeur l'environnement, j’emporte un 35mm f/1.8 qui est à la limite du grand angle. Si j’ai de l’espace, je peux jongler entre 50mm f/1.2 S et 85mm f/1.8 S. Pour les plus timides, on passe au 135mm.
Mariages et reportages : je vous accompagne toujours avec deux boîtiers et généralement trois objectifs pour réagir à toutes les situations. J’emporte souvent le 135mm f/1.8 Plena qui offre un rendu somptueux et un arrière-plan d’une douceur incroyable pour les portraits.
On ne demande pas à un couple de se repasser la bague au doigt à l’église parce que l’appareil photo n’a pas pu suivre. Bien que les boîtiers ont beaucoup évolué et sont globalement tous performants, posséder des objectifs de qualité reste important. Vous avez fait l’erreur de lire cette page, alors je vous assomme avec un peu de technique : s’il n’y a pas assez de lumière, il n’y a pas d’autre choix que de ralentir ce qu’on appelle la vitesse d’obturation. Vous l’avez probablement déjà expérimenté. Vous avez appuyé pour prendre une photo sur votre smartphone, mais c’était curieusement long. De plus, l’image était floue parce que vous aviez très légèrement bougé, ou alors, c'était votre sujet qui était flou.
La solution, c’est d’avoir des objectifs de qualité laissant passer plus de lumière sur le capteur. Saviez-vous que la taille du capteur de l’appareil photo de votre smartphone fait généralement la taille d’un grain de maïs ? Le haut de gamme spécialisé dans la photo fera au mieux la taille d’une touche de clavier. À côté, le capteur d’un appareil photo plein format (le format le plus utilisé par les professionnels) est un peu plus grand qu’une carte SD. Un capteur plus grand collecte plus de lumière totale. Si on accompagne un gros capteur avec un bon objectif lumineux, on obtient plus de flou d’arrière plan (naturel, et pas sortant d’un algorithme !), une image nette même en basse lumière et globalement une qualité supérieure ne nécessitant pas des traitements numériques pour rendre l’image exploitable.
Dans ma pratique artistique, le matériel que j’utilise est parfois le même que celui de ma pratique professionnelle, mais j’ai toute la liberté de choisir mon matériel puisque je peux raconter les histoires que je veux à ma manière. Le choix ne se fait plus en fonction de l'efficacité, mais en fonction du rendu que je souhaite donner aux images ou de la démarche que j’ai envie d’adopter.
À l’aide d’une bague d’adaptation, je peux monter des objectifs d’un autre âge sur mes boîtiers récents et bénéficier de fonctionnalités modernes. Un mélange d’époques, le meilleur des deux mondes. Pour cela, le Nikon Z f est parfait. Son look et son ergonomie rétro vont parfaitement avec le 20mm f/2.8 D ou le 135mm f/3.5 AI-S. Rater des photos ou avoir une mise au point légèrement décalée fait partie de l’aventure avec ce matériel. Sans garantie de résultat, il faut prendre son temps.
Ressortir ses boîtiers argentiques, jouer avec des optiques vintage qui ont plus de 50 ans sur ses boîtiers modernes, travailler avec des objectifs manuels au rendu incroyable, mais qui seraient bien difficiles à utiliser en reportage de mariage où il faut avoir une grande réactivité… tout cela offre un nouveau domaine des possibles, mais aussi plus de caractère. Dans le cadre d’une démarche personnelle ou artistique, utiliser du matériel qu’on pourrait considérer comme d’un autre temps est un vrai plaisir.
Les objectifs que j’utilise en reportage sont parfaits. Ils offrent une qualité tout simplement incroyable. Pourtant, en tant qu’artiste, je m’en lasse parfois. Les constructeurs cherchent à réduire les défauts optiques et à offrir une image parfaitement nette. Adieu aberrations chromatiques, vignettage, etc. On se retrouve avec des optiques au rendu chirurgical, mais où est la trace de l’outil ? Un rendu parfait, c’est pour moi comme chercher à effacer la trace du pinceau d’un peintre impressionniste. Dans le cadre de ma pratique artistique, j’aime beaucoup revenir vers du matériel vintage et les objectifs Voigtländer me font de l’œil !

Le processus de calibrage avec la sonde Display PRO HL de Calibrite. En quelques minutes, les dérives de l’écran sont corrigées pour des couleurs précises à l’impression.
Un flash : un flash cobra rajoute environ un demi-kilo à un ensemble parfois déjà lourd ! C’est le prix de l’efficacité, un flash puissant avec une grande source lumineuse offrira un rendu plus doux et servira même en extérieur.
Une sonde pour calibrer les écrans : indispensable pour s’assurer que mon écran affiche des couleurs fidèles à l'impression. Sans écran calibré, les couleurs vont dériver, il n’y a aucune garantie que la luminosité soit la bonne… un écran doit donc être calibré régulièrement !
Une foule d’accessoires divers : un filtre de diffusion Nisi pour un rendu plus doux, un réflecteur pour des portraits qui vous mettent en valeur, un système Capture de chez Peak Design pour avoir un boîtier à la ceinture, le système TriLens pour jongler entre les objectifs… un photographe utilise de nombreux accessoires auxquels on ne pense pas forcément !